Cahier Événements · RécitPauillac · 5 septembre 2026
Marathon du Médoc · 40e édition
40e édition, 40 ans : le 5 septembre 2026, j’ai pris le départ du Marathon du Médoc, aux côtés de l’équipe de Château Pontet-Canet et de Stéphane Craviotto. 42 kilomètres de vignes, de fête, mais aussi de souffrance !
Cet événement, cela faisait bien dix ans que je me disais : « J’aimerais beaucoup le faire, mais… » Disons-le franchement : j’ai quand même beaucoup plus la pratique du lever de coude que de la foulée bien rythmée d’un marathonien !

C’est maintenant ou jamais !
Et puis, au détour de la dégustation des primeurs 2024, Mathieu Bessonnet, le directeur technique de Château Pontet-Canet (Pauillac), me parle du Marathon du Médoc et de leur projet avec Stéphane Craviotto.
Ce projet, c’est d’abord une histoire de cœur pour l’équipe de Château Pontet-Canet. Stéphane y a travaillé en tant que maître de chai, avant d’être victime d’un infarctus et de devenir tétraplégique. Coureur aguerri, il connaissait bien le Marathon du Médoc, et l’équipe du château avait envie de le lui faire revivre. Ses anciens collègues ont donc eu une idée : se réunir autour de Stéphane et le pousser à tour de rôle. Le Journal du Médoc développe cette belle histoire, allez-y jeter un œil !

Allez, il faut se lancer : c’est la 40e édition, j’ai 40 ans, c’est un peu maintenant ou jamais !
Le temps passe et, malheureusement, quelques blessures surviennent, m’empêchant de me préparer correctement. On est début août et je commence juste à ne plus avoir mal aux pieds… Le marathon se rapproche de plus en plus : finalement, je n’ai que deux sorties préparatoires possibles, les deux week-ends précédant le jour J. Je passe de 8 à 18 km sans trop de difficultés, mais pour les 42 km, ce sera le saut dans l’inconnu le jour J.
Le jour J du Marathon du Médoc
J’y suis ! Je suis tellement heureux d’y être ! L’ambiance est exceptionnelle, il y a une émulation particulièrement prenante. Tout le monde est déguisé et il y a des déguisements particulièrement fous sur ce thème des années 80 !

L’équipe de Château Pontet-Canet a fait floquer des tee-shirts pour l’occasion. Je vais tenter de les suivre sur ces 42 km.
Le départ se passe bien, le rythme est très bon, mais je suis rapidement perturbé par le rythme de la course. Il y a 8 500 participants : au début, ce n’est pas fluide, et les arrêts aux stands, pour boire ou manger, me cassent très rapidement mon rythme.

La montée de Cos d’Estournel
On arrive à la fin de la première boucle et je suis déjà exténué… Il reste encore plus de la moitié à faire. C’est là que je réalise que je ne vais pas y arriver à ce rythme, et je commence à me faire distancer pour surtout ne pas bloquer mes jambes. Arrivé à Pontet-Canet, j’ai un peu honte, mais je constate que l’équipe est encore sur place. Je me dis qu’il faut que je reparte avec eux ; malheureusement, la montée de Cos d’Estournel aura raison de moi, et je les laisse me distancer.

28 km et déjà à bout…
Ça va être long, très long ! Mais pas question d’abandonner, pas question de sortir la perruque non plus, même si le soleil tape fort !
Cette fois-ci, les arrêts aux stands ne cassent plus mon rythme : ils sont plutôt vécus comme une oasis de délivrance, me permettant de reprendre un peu d’énergie, mais aussi de la motivation. Je suis en pleine souffrance, mais pour d’autres, c’est bel et bien la fête ! Et ça fait du bien de voir ces personnes-là : les croiser, c’est une véritable bouffée d’air frais.

Concernant la dégustation, je vais être honnête : j’ai plus apprécié les bouteilles de Cristaline que les vins mis à disposition. Mais ça, il faut le mettre sur le compte de ma mauvaise préparation ! Je me suis en même temps rassuré en me disant que ce ne serait sûrement pas la seule occasion que j’aurais de les goûter.
Au loin, Château Phélan Ségur semble tellement loin, et puis finalement, pas tant que ça. Par contre, la longue route bitumée de Château Meyney vers le centre de Pauillac est étouffante et démoralisante… À ce stade, on ne cherche plus à comprendre, seulement à avancer. Et encore une fois, merci aux participants, qui ont mis une ambiance permettant d’oublier la souffrance !
Quitte à avancer, autant courir : marcher fait tout aussi mal, on en aura fini plus vite !
Xavier Lacombe, quelque part entre Meyney et Pauillac

Finalement, je l’ai fait !
42 km et quelques ! Stéphane et l’équipe étaient passés 15 minutes avant. Il y a un léger sentiment d’échec, car j’aurais vraiment aimé boucler l’intégralité du marathon avec eux, mais au moins je l’ai fait, je l’ai terminé, et je suis joyeux comme un gamin quand j’y repense.

Cela me fait repenser à la période où je rêvais de goûter tous ces grands vins. J’ai adoré ce retour en arrière, cette émulation, cette ambiance extraordinaire. Mais vraiment, je dois vous l’avouer, j’ai beaucoup souffert ! Si je n’avais pas eu un bon passé sportif, je n’aurais certainement pas pu aller au bout. C’est vrai, avec une préparation, j’aurais sûrement beaucoup plus profité. Si vous faites ce marathon, je vous conseille vivement de bien vous entraîner auparavant !

Partie remise ?
Alors, on remet ça pour la prochaine édition ? Au moment où j’écris ces lignes, et même en les relisant, je crois entendre mes articulations me supplier de ne pas le refaire… Mais au fond de moi, quelques petites voix se font entendre : « Allez ! Avec un costume de folie, voire un char, et surtout avec une meilleure préparation, pourquoi pas ? C’était vraiment incroyable ! »

Je tenais à remercier chaleureusement toute l’équipe de Château Pontet-Canet pour cette magnifique opportunité. Bravo à vous, et bravo à Stéphane ! J’espère que nous aurons l’occasion de trinquer ensemble autour d’un autre 1985 de la propriété. Il me reste celui de ma cave et ce sera un plaisir de l’ouvrir avec vous !
Bravo à toutes et à tous ! Un grand merci à tous ceux qui ont œuvré à cet événement mythique.
Xavier Lacombe
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Dossard et participation offerts par Château Pontet-Canet. Cette invitation ne conditionne ni la sélection des vins, ni leur note.
Photos © Xavier Lacombe – XL-VINS. Toute reproduction, même partielle, est soumise à autorisation : me contacter.
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